...ou pourquoi Einstein avait raison
Avez-vous déjà remarqué comme parfois le temps s'écoule bizarrement ?
Parfois le temps file et les aiguilles semblent faire des pas de géant sur le cadran.
Exemple : vous rentrez chez vous épuisé après avoir dansé toute la soirée. Là, votre couette bien moelleuse vous tend les bras et l'oreiller surenchérit d'un clin d'œil. Ne pouvant résister à la tentation dans un tel état de fatigue, vous jurez, raisonnable, de vous allonger "juste 30 secondes" avant de vous déshabiller... Mais là, les aiguilles entament leur fameux sprint de fin de soirée et vous vous réveillez en sursaut 20, 30 voire 40 minutes plus tard sans avoir bougé d'un centimètre, portant toujours le même nombre de vêtements. Là vous prenez votre courage à deux mains et décidez d'enlever au moins deux pièces (les chaussures ça ne compte pas, on sait très bien que vous les avez déjà balancées sous le canapé avant même d'avoir fermé la porte derrière vous). Et pour vous récompenser d'un tel effort, vous vous accordez une nouvelle "mini" pause. Prenez garde, cet assoupissement supposé "éclair" pourrait durer en réalité une heure, voire vous amener jusqu'au lendemain matin... alors même que vous penserez qu'il ne s'est écoulé qu'une seconde ! A éviter en semaine...
Autre situation : vous êtes tranquillement installé chez vous devant votre série préférée et, tout d'un coup, vous vous rendez compte que vous fixez bêtement votre écran alors que l'épisode que vous étiez en train de regarder est terminé depuis déjà plus de 10 minutes. Que s'est-il passé pendant cette "absence" ? Les aiguilles vous ont encore joué un tour et malgré toute votre bonne volonté, vous allez encore vous coucher tard ! Ça me rappelle quelque chose...
A l'inverse, coincée en réunion dans une salle surchauffée, il semble parfois que l'aiguille des minutes reste coincée... sans parler de l'aiguille des heures !
Pire encore, lorsqu'il n'y a pas de pendule dans la salle : vous vous efforcez de ne pas regarder votre montre toutes les 30 secondes pour ne pas vous faire griller. Vous vous lancez des petits paris (faut bien s'occuper un peu) : "la prochaine fois que je regarde ma montre, au moins 10 minutes seront passées". Après avoir résisté pendant ce qui vous a semblé une éternité, vous cédez et regardez - furtivement - le cadran. Mais là, horreur, malheur, votre montre vous fait une blague de bien mauvais goût : seulement 3 minutes se sont écoulées... N'y croyant pas, vous jetez un second coup d'œil, plus long cette fois, pour vérifier. Non seulement le verdict est confirmé mais en plus vous êtes carrément grillé ! Ne parlons même pas du cas où la pendule est soit presque derrière vous soit à l'autre bout de la salle... Moralité : en réunion, ne jamais regarder la pendule deux fois de suite !
Et puis parfois ce n'est pas la pendule de la salle de réunion mais votre propre montre qui vous joue des tours : on connaît tous le cas de la pile qui s'arrête. Mais on pense moins souvent à la montre que vous n'avez pas portée depuis des lustres et qui est restée au chaud dans le placard... à l'heure d'été. Et vlan, une heure de plus à attendre avant la pause déjeuner !
Ça marche (enfin ça foire) aussi dans l'autre sens : vous pensez, une fois n'est pas coutume, avoir de l'avance pour attraper votre train ou pire, votre avion, mais votre montre est restée à l'heure d'hiver. Et bim, il va encore falloir courir !
Autre expérience : dans la file d'attente à La Poste, à la caisse du supermarché ou encore dans la salle d'attente du médecin. Là encore, le temps semble s'allonger à l'infini car dans ces endroits, impossible de s'occuper agréablement : vous êtes debout, il faut avancer et surveiller sa place dans la file (attention tante Thérèse pourrait vous la chiper !).
Seule distraction : lire par le menu détail la composition du paquet de biscuits (on réserve bien-sûr la lecture du paquet de céréales pour le petit déjeuner). Attention aux effets secondaires : certains ingrédients pourraient vous faire passer l'envie d'acheter le paquet en question.
Vous pouvez aussi vous concentrer très fort (je sais, c'est la fin de la journée...) pour savoir ce que vous avez oublié. Mais là encore, attention aux effets secondaires ! Imaginez que vous avez oublié les sacs poubelle (vous aussi c'est toujours les sacs poubelles ?). Faut-il prendre le risque de perdre sa place dans la file pour aller en chercher ? Ou bien faut-il demander gentiment au monsieur juste derrière de faire avancer votre panier... et, au retour, avoir le droit à une discussion bien lourde ?
Vous pouvez aussi vous concentrer très fort (je sais, c'est la fin de la journée...) pour savoir ce que vous avez oublié. Mais là encore, attention aux effets secondaires ! Imaginez que vous avez oublié les sacs poubelle (vous aussi c'est toujours les sacs poubelles ?). Faut-il prendre le risque de perdre sa place dans la file pour aller en chercher ? Ou bien faut-il demander gentiment au monsieur juste derrière de faire avancer votre panier... et, au retour, avoir le droit à une discussion bien lourde ?
En plus, on vous interrompt tout le temps : le médecin viendra immanquablement vous chercher quand vous aurez fini par atteindre le niveau 8 du nouveau jeu débile (mais néanmoins addictif) que vous avez installé sur votre portable ou quand vous aurez enfin retrouvé votre page dans le bouquin que vous trimballez depuis des mois au fond de votre sac sans jamais avoir le temps de l'ouvrir.
Finalement, Einstein avait raison : le temps s'écoule plus lentement dans un champ gravitationnel fort... Prenons de la hauteur, ça passe toujours plus vite quand on plane ;-)
Et pour passer le temps :
Je vous recommande l'encart sur le profil type des attitudes face à l'attente
