lundi 1 octobre 2012

Vous voulez un sac ? (2)


...ou le retour de la question qui tue !

Figurez-vous la scène suivante : au fur et à mesure de vos errements dans les différents rayons de votre supermarché préféré (en supposant que la fréquence engendre la préférence...), vous avez fini par remplir un panier entier de céréales / yaourts / légumes / gâteaux / œufs / poulet / boîtes de conserve / jambon / shampoing / crème glacée... Les bras bien chargés, vous vous dirigerz vers la caisse et, après l'attente réglementaire (c'était bien tenté la pause déj' ou le créneau 21h-22h mais vous attendrez quand même !), la caissière commence à faire défiler à toute allure (attention les œufs !) votre amas de paquets lourds et pleins de coins pointus (notez bien, c'est important pour la suite). 
Tandis que vous vous retrouvez progressivement submergé à l'autre bout du tapis par vos achats qui arrivent en ordre dispersé (vous avez encore eu les yeux plus gros que le ventre et en plus vous ne dinez jamais chez vous), la caissière, sans même se tourner vers vous, marmonne sa fameuse question qui tue : "Vous voulez un sac ?".

La question a l'air innocente et semble appeler une réponse simple : en effet, comment trimballer 15 kilos de victuailles sans sac ? Mais elle est en réalité beaucoup plus complexe.
Rien qu'en posant sa question, "l'hôtesse de caisse" a déjà émis un jugement de valeur : "encore une jeunette qui n'aura pas pensé à rapporter son propre sac (elle n'a même pas la carte de fidélité du magasin) !". Et oui, à l'heure du développement durable, votre cher, très cher, supermarché a décidé d'allonger votre ticket de caisse déjà bien fourni en facturant les vilains sacs pollueurs. 
Or, qui pense à emporter un sac vide dans son sac à main ? Vous êtes déjà bien contente quand vous n'oubliez pas la liste des courses alors un sac c'est trop demander ! Et de toute façon, les seules fois où vous avez pensé à glisser un sac plastique dans le fourbi de votre sac à main (ne parlons pas des hommes qui, eux, n'ont pas de sac du tout), il en est immanquablement ressorti crevé et inutilisable (je vous laisse trouver votre propre excuse plus ou moins foireuse pour justifier votre oubli).

Mais bon, passons sur le jugement de valeur émis par la caissière bougonne et revenons à la question initiale. Derrière l'apparente simplicité de "Vous voulez un sac ?" se cache un vrai QCM et vous devez en fait comprendre :
réponse a) Vous voulez un sac vert pas solide à 4 centimes (ça va pas le faire avec les coins pointus !) ?
réponse b) Vous voulez un sac blanc déjà un peu plus épais mais pas non plus ultra solide à 10 centimes (résistera jamais au poids du stock de conserves celui-là) ?
réponse c) Vous voulez un sac tout décoré hyper moche mais bien solide à 90 centimes (ne rêvez pas, même à ce prix-là vous ne penserez jamais à le réutiliser pour vos prochaines courses) ?
réponse d) (et oui, il y a même une réponse d. !) Vous voulez un sac "solidaire / développement durable / bonne cause de l'année / recyclable / en coton bio..." à 2 euros 30 ?
Et puis il y a la question bonus : "Vous en voulez combien ?"

C'est là que votre cerveau, épuisé par l'effort de mémoire déployé pour palier l'oubli de la liste des courses et par les 7 minutes de queue derrière tante Thérèse (décidément, elle est dans tous les mauvais coups celle-là !), plante. 
En effet, il vous faut optimiser une savante équation entre prix unitaire (vous avez déjà vidé votre compte en remplissant votre panier) / solidité (on essaie d'éviter le désastre) / nombre de sacs (un sac impossible à soulever ça ne va pas le faire non plus... mais d'un autre côté vous avez déjà votre sac à main et votre ordi sous le bras)... Notez bien que vous vous inquiétez du prix alors qu'au milieu de votre plein de courses qui vous a déjà coûté les yeux de la tête (saleté de marketing !) on ne verra pas la différence. Parfois même vous ajoutez quelques considérations supplémentaires à l'équation du type "le blanc je pourrais peut-être le garder dans mon sac" (on vous l'a déjà dit, ça ne marche pas : vous le garderez dans votre sac pendant 10 jours, sans vous en servir, donc vous le ressortirez et quand, 2 semaines plus tard, vous ferez à nouveau les courses, il tiendra compagnie, chez vous, à votre liste de courses restée collée sur le frigo ou déposée bien en évidence sur la table basse).

Bref, vous pédalez dans la semoule et essayez de vous représenter sortant du magasin avec 3 petits sacs qui risqueront de crever à tout moment (satanés paquets de yaourts !)... ou avec un grand sac blanc rempli à ras bord (vous êtes gourmande !) et qui risque également de craquer (rappelez-vous le poids des boîtes de conserve)... ou bien avec le sac en version décorée super moche (qui, bien que coutant 90 centimes, va vous foutre la honte). 

Conclusion : submergée par cette avalanche de paramètres, vous répondez n'importe quoi et, même si vous savez bien que c'est peine perdue, vous vous jurez de penser à prendre un sac (et la liste des courses) la prochaine fois !

Et vous, vous avez pris quel sac ?

Les liens du lundi matin


lundi 24 septembre 2012

Vous voulez un sac ?

...ou comment on arrive à être jalouse de tante Catherine !

 

Par un beau jour de septembre, le petit chaperon rouge part en mission ravitaillement à la pharmacie pour sa mère-grand. O joie ! il n'y a qu'une seule personne dans la queue... une seule, mais pas n'importe laquelle : une "dame d'âge respectable" a priori charmante... a priori... 




Comprenez bien, la visite chez le pharmacien c'est la sortie de l'après-midi, alors tante Thérèse en profite (remplacez par mamie Simone ou grand-mère Juliette si vous préférez) ! Passées les phrases convenues sur la météo, elle raconte ses petites aventures à Félicien le pharmacien. Bah oui, ça fait bien une semaine qu'elle ne l'a pas vu ! Mais Jules / Thibaut / Pierre, visiblement pas intéressé par le gringue de Bernadette, sourit poliment, toujours en bon commerçant.
De votre côté, vous regardez les aiguilles tourner quand, ô rage, ô désespoir, Georgette brandit une ordonnance longue comme l'annuaire. Et le médecin ne vous a pas aidée : toutes ces lignes en pattes de mouche, ça fait autant de boîtes et d'indications à donner. Et pour s'assurer que Thérèse "la dissipée" a bien tout compris, l'impassible Thomas répète à haute et intelligible voix les explications par le menu détail. On admire sa patience... même si ça finit par prendre 20 minutes ! 

Passons... c'est enfin votre tour

Enfin, le tour de l'ordonnance de mère-grand. "Je vous en mets pour un mois ?". Serviable, "ça évitera à mère-grand de se déplacer", vous opinez du chef... et voyez les boîtes qui commencent à s'empiler, formant bientôt une tour qui penche dangereusement sur le comptoir. Mais là, Paul ne fait plus risette - bah oui, vous n'êtes pas vraiment sa cliente ! - et en termine au plus vite.
Surprise par cette rapidité soudaine, vous farfouillez péniblement dans votre sac à la recherche de toutes les cartes qu'on vous demande tout à coup pour régler la facture. Tout aussi rapidement, Arthur vous rend cartes, ordonnance et ticket de caisse et regarde par-dessus votre épaule pour s'occuper de la personne qui vous suit tandis que vous restez plantée là, le sac à main éventré, face à une vingtaine de boîtes empilées sur le comptoir. Voyant que vous ne dégagez pas le passage, il remarque votre air hébété et finit par sortir : "Vous voulez un sac ?", comme s'il s'agissait d'une demande incroyable (juste 20 boîtes !). 
Vous êtes sciée par ce traitement expéditif : où a donc disparu toute la prévenance dont il a fait preuve avec tante Catherine ? Il fallait arriver avec une canne pour avoir droit à un misérable sac plastique ? En réponse au regard noir que vous lui adressez, Émile vous refile un micro sac dans lequel ne rentre que la moitié des boîtes et qui crèvera à coup sûr avant d'arriver à bon port. 
Peine perdue, vous repartez tant bien que mal avec vos courses et réalisez qu'on a réussi à vous rendre jalouse de tante Odile ! 

 

La prochaine fois, elle peut toujours rêver pour que je lui laisse ma place dans le bus ! 



Les liens du jour (un peu moins inutiles aujourd'hui !) : 

samedi 15 septembre 2012

Cher facteur, tu m'as apporté quoi aujourd'hui ?

Une surprise ? un cadeau ? une blague ?

Pourquoi suis-je impatiente d'ouvrir ma boîte aux lettres quand je rentre chez moi ?
D'abord, la boîte au lettre signifie "enfin chez soi" : finie la marche à pied en tailleur-jupe-talons-sous-la-pluie et fini le boulot, maintenant on passe au perso ! 
Ensuite, pour les grands enfants comme moi, la boîte aux lettres c'est un peu la pochette surprise (ça vous rappelle qqc ?) : on est souvent déçu mais on tente quand même !

 


Je vous l'accorde, le plus souvent vous ne trouverez que de la pub

D'abord, celles qu'on vous a déposées : le 38° menu sushi du quartier, les sincères excuses de la RATP pour la fermeture exceptionnelle de votre station de métro (au cas où vous auriez envie de prendre le métro avant 10h dimanche matin...), le serrurier qui promet de venir à votre secours 7j/7 et 24h/24, les voisins qui organisent une fête samedi soir, une agence immobilière qui propose d'évaluer gracieusement "votre bien" (désolée, toujours pas propriétaire), une réduc dans le nouveau magasin du coin... 
(Au sujet du centième prospectus de serrurier, notez bien que si vous conservez ledit prospectus, celui-ci se trouvera immanquablement à l'intérieur de votre appartement le jour où vous en aurez besoin, c'est-à-dire coincé de l'autre côté de la porte !). 

Et puis celles qu'on vous a envoyées "à vous spécifiquement" (même si parfois on se demande bien pourquoi) : les catalogues des 28 dernières boutiques dans lesquelles vous avez craqué (histoire de préparer le prochain burnout de carte bleue) mais aussi la nouvelle collection Jacadi (euh, il y a erreur là...), une offre "spéciale" d'abonnement à 2 nouveaux magazines intellos (merci, mais ELLE et BIBA suffiront), des catalogues de déco pour vous montrer à quel point c'est plus grand et plus joli chez les autres, l'invitation à un vernissage ultra underground à l'autre bout de Paris...

Il y a aussi l'avalanche de trucs administratifs qui iront tout droit s'entasser sur la table basse : votre facture de portable (la vache, je suis bavarde !), un relevé de sécurité sociale (et ben ! c'est rentable d'être ophtalmo !), la date de relevé des compteurs EDF (comme si vous étiez chez vous pendant la journée), la huitième invitation de votre opticien à venir faire vérifier vos lunettes (elles vont être drôlement propres à force !), la facture pour l'assurance (je résiste encore et toujours à la facture en ligne !), un avis de passage du facteur ("vous avez gagné 1h de queue à La Poste" - pendant les horaires d'ouverture bien évidemment) et, enfin, le roman de votre vie a.k.a. votre relevé de carte bleue...

Bon, parfois il y a de vraies mauvaises surprises : au retour des vacances par exemple, lorsque la feuille d'impôts vous attend, sournoisement tapie sous les cartes postales. 
Mais il y a aussi des trucs bien plus sympa : vos magazines préférés, les cartons d'invitation au mariage de vos amis, des cadeaux (enfin, des livres de poche que vous avez commandé sur Internet - pas trop épais sinon vous êtes quitte pour un nouveau passage à La Poste), les dates des prochaines ventes privées...

 

Conclusion : peu importe le contenu tant qu'il y a quelque chose et puis "qui ne tente rien n'a rien", on aime les surprises ! Au pire, ça vous fera de la lecture le temps de monter l'escalier (à pied bien évidemment !) et avec un peu de chance, vous croiserez peut-être le nouveau voisin dans l'opération ;-)


Les liens du jour