lundi 15 octobre 2012

Pourquoi tu fais la gueule sur la photo ?



...ou comment repartir avec un souvenir inoubliable

Ahhh, les vacances, le sable chaud, la mer azur, et le renouvellement du passeport. Ben oui on est en octobre, je vous souhaite bien du courage pour trouver la situation décrite quelque part en Europe. 

Qui dit passeport, dit Photomaton. Rappelez-vous la joie que c’était il y a 10 ans : vous vous asseyiez sur un tabouret, par principe à la mauvaise hauteur, dans un endroit venteux (les photomatons sont toujours dans les courants d’air). Vous tiriez le rideau, mais aperceviez toujours les innombrables pieds de l’autre côté (les photomatons sont toujours dans les lieux d’affluence). 
Une voix mécanique vous hurlait alors d’INSERER QUATRE EUROS. Vous ressortiez et alliez acheter des chewing-gums, car naturellement vous n’aviez que des billets. Vous repreniez ensuite toute l’opération. La voix mécanique, une fois les pièces insérées, vous informait alors qu’il fallait TAPER UN POUR DES PHOTOS (Non, non, vous vouliez un Coca, en fait). Naturellement, au moment du flash, lorsque vous arboriez votre plus beau sourire crispé, un gamin ouvrait le rideau en criant « Coucou !!!!!!! »  (paix à l’âme des gamins qui ont fait ça).



Qu’est ce qui a changé me direz-vous ? Eh bien maintenant, c’est pire.
Désormais,  vous devez, outre les points précédents, veiller à ce que votre visage sur la photo mesure de 32 à 36 mm, du bas du menton au sommet du crâne (hors chevelure !!!). Cela se traduit par la nécessité de rentrer votre visage dans l’ovale dessiné à l’écran, tout en veillant à ce que vos yeux figurent aux deux tiers de l’image. Quand vous avez réussi cet exploit, au prix d’un menton fortement en avant, vous vous apercevez avec horreur que vous êtes maquillée : l’eye-liner est-il autorisé ? Dans le doute, vous vous frottez rapidement la figure, puis fouillez votre sac à la recherche d’un mouchoir pour effacer les grandes traces noires que vous avez désormais sur les pommettes. Vous prenez ensuite bien garde à ce que vos oreilles, que vous vous échinez à cacher depuis votre naissance, figurent au premier plan de la photo. Vous souriez au premier essai. Grave erreur, c’est juridiquement interdit. Vous faites la gueule au deuxième essai, et vous n’osez pas utiliser le troisième essai, qui, comme vous le rappelle la voix, EST LE DERNIER. 

Vous sortez, la voix vous informe que votre bien PEUT ETRE RECUPERE (pas la peine de hurler comme ça et d’attirer l’attention de tout le monde – oui oui, rappelez-vous, les photomatons sont implantés dans des endroits peuplés). Vous saisissez rapidement les photos, qui, de loin, s’annoncent horribles, et de près… aussi : vous êtes blême quelle que soit votre couleur de peau, vous avez des cernes qui tirent dangereusement sur le noir ébène même si vous sortez d’une sieste, et si vous aviez un bouton sur le front, soyez assurée qu’il ressemble à un furoncle.

S’ensuivra la longue queue à la mairie. Vous écouterez avec angoisse les malheureux se défendre âprement face aux refus de leurs clichés : « Mais c’est la 3ème fois que je fais des photos pour ce passeport ! » « Mais non, je ne souris pas, je vous assure ! », « Mais non ce n’est pas un reflet sur mes lunettes, enfin ! », « Mais j’ai été chez un photographe professionnel, comment pouvez-vous me reprocher que le fond soit gris foncé et pas gris clair ? ».
Il vous faudra beaucoup de courage. Mais le pire au final, restera le rire du douanier lorsqu’il ouvrira votre passeport.

Les liens super utiles du jour


Mais il paraît que je suis mauvaise langue, et que les photomatons sont désormais un havre

lundi 8 octobre 2012

C'est quoi cet "instinct de conservation" ?

...ou pourquoi on garde tous ces trucs qu'on ne réutilisera jamais ?

Avez-vous déjà remarqué à quel point vous êtes capable d'amasser des trucs inutiles ?
C'est fou, ça marche avec tous les objets. Essayez donc de faire le tour de votre appartement et vous constaterez l'ampleur du phénomène !



Premier tas qui saute aux yeux (sûrement parce qu'il est sur la table basse), le courrier administratif. Ok, on vous a répété 12.000 fois qu'il fallait conserver vos bulletins de paie jusqu'à la fin de vos jours si vous vouliez prétendre à une retraite correcte. 
Mais les factures ! Même si elles sont bien classées (et on n'en doute pas un seul instant...), vos vieilles factures ne vous serviront à rien ! On se fiche pas mal de savoir qu'il faisait tellement froid l'hiver dernier que vous avez fait rougir le compteur EDF au-delà du raisonnable. Ou bien que vous avez été vraiment très très bavarde en mars, au point d'exploser votre record de hors-forfait. Pareil pour vos relevés de sécurité sociale ou vos quittances de loyer pour l'appartement dont vous avez déménagé il y a déjà 2 ans. 
Non seulement on garde tout ça sans raison, mais en plus on refuse obstinément de passer à la version électronique... Je suis preneuse d'explications si vous en avez !

Autre catégorie (autre "tas" d'ailleurs) : les vêtements. Tous ceux que vous ne mettez jamais, les trop petits, les trop grands, ceux qui ne se prêtent à aucune occasion, ceux que vous promettez de donner... un jour. C'est marrant, il y a toujours une bonne excuse pour ne pas s'en débarrasser : "on ne sait jamais, si j'ai besoin d'un truc à salir pour faire de la peinture un jour" (oui, oui, "un jour"...), "si jamais je grandis un peu" (pas la peine d'espérer, il va vraiment falloir le faire cet ourlet), "si jamais ma cousine le veut plus tard" (alors qu'elle ne fait pas du tout la même taille !), etc., etc. Je vous laisse allonger la liste d'excuses foireuses !
Et, paradoxalement, quand on cherche quelque chose à se mettre, on ne trouve jamais rien dans son placard...
Toujours au rayon "habillement", mais encore plus illogique : les boîtes à chaussures... vides ! Comme si vous étiez capable de remettre vos escarpins dans leur boîte en revenant de soirée au beau milieu de la nuit... Là encore, vous trouvez immédiatement la bonne excuse : "ce sera pour ranger d'autres trucs" ! Avec une spirale infernale pareille, on n'est pas prêt de s'en sortir. 

Il y a aussi les tickets de cinéma / les flyers des endroits où vous êtes allés / les cartes de visite de tout plein de restos... Vous savez, tous ces petits trucs qui trainent sur le bord de vos étagères et qui tombent par terre à chaque fois que vous sortez un dvd ou un bouquin de votre bibliothèque. Vous les gardez au cas où vous en auriez besoin plus tard, mais le jour où vous voudrez faire une réservation, vous aurez beau farfouiller dans ce tas, il vous sera impossible de remettre la main sur le bout de carton que vous cherchez ! Quant aux tickets de cinéma et aux billets d'entrée des expositions, je n'ai toujours pas compris pourquoi je les empilais pendant des mois avant de les jeter...
Et puis il y a des bristols encore plus pernicieux : les cartes postales et les faire-parts qu'on a mauvaise conscience de jeter. Vous voyez bien, ce n'est pas de ma faute si tous ces trucs inutiles s'amassent chez moi !

Dans la catégorie assez volumineux : les magazines. Vous aussi vous les empilez ? D'abord, il y a tous ceux que vous n'avez pas eu le temps de lire à la sortie de la boîte aux lettres au milieu des surprises du facteur.
Et puis il y a ceux qui vous avez déjà lus mais que vous gardez quand même. On ne sait jamais, un jour peut-être l’envie pourrait éventuellement, on ne sait jamais, vous prendre de les relire... ou de les rouvrir pour y retrouver une information de la plus haute importance : la recette n°4 du ELLE de juillet dernier, les références d'un bouquin qui avait l'air bien, une idée cadeau qui pourrait vous sauver la mise aux fêtes de fin d'année, l'adresse d'un hôtel ou d'un resto sympa, la critique d'une expo incontournable et j'en passe. Il y a autant de prétextes que de pages !

Et puis il y a les mails aussi ! Tous ceux dont on a jugé en les recevant qu'ils méritaient d'être conservés ou relus plus tard (encore une histoire de procrastination !) : un article intéressant qu'on vous a envoyé, l'invitation à un vernissage dans une galerie photo dont vous ne vous souvenez même plus de l'existence, des mails d'amis qui donnent des nouvelles... Bref, tout un tas de mails auxquels vous ne répondrez jamais... alors que vous devriez (oops, j'ai encore oublié de répondre à tante Irène) ! 

L'empilement s'étend à l'intérieur de votre téléphone : tous ces numéros et contacts qu'on conserve sans raison (sans parler des amis Facebook dont on se souvient à peine de qui ils sont). Il est parfois temps de faire le ménage ! Mais ça, on en reparlera plus tard ;-)

Allez, quelques liens à conserver pour lire plus tard :
Combien de temps conserver les documents administratifs (pour le certificat de ramonage, c'est 1 an)

Et pour le nombre moyen (et maximum) d'amis sur Facebook - je vous laisse deviner avant d'aller voir !

mercredi 3 octobre 2012

Qu’offre-t-on à un enfant de trois ans ?



...ou comment  faire plaisir à tout le monde !

L’approche de la trentaine coïncide pour ma part avec une fréquentation accrue de charmants bambins*. Si mes amis acceptent assez bien mes oublis récurrents des anniversaires de leurs enfants, je suis tenue, familialement parlant, de me souvenir de ceux de mes (nombreux) neveux et nièces.
*Le qualificatif de « charmant » est celui employé par les parents, certains bambins en question mériteraient à mon sens davantage le label de « psychotique en devenir »

Et vous l’aurez compris, en ce mois de septembre, l’anniversaire de l’un d’eux approchait dangereusement.



Cette période bénie est toujours l’occasion de me remémorer mes succès en la matière : « Oh, un carrosse. Mais j’en ai déjà un. C’est pas grave il est gentil quand même le père Noël » (toi l’année prochaine, tu auras un livre de math) ; « Trop bien, le xylophone !!!!!!!!!!! » (oui, trop bien, c’est sûr, mais si tu le testais plutôt chez tes parents qu’ici ?!?).

Qu’offre-t-on à un enfant de trois ans ? Comme il se doit, je tapais « cadeau enfant trois ans » sur Internet, et tombais sur un magnifique globe terrestre gonflable mentionnant les animaux du monde. Je voyais ça d’ici : mon frère expliquant la différence entre un dromadaire et un chameau à son fils indifférent, le fils lançant le globe gonflable dans l’appartement et dégommant les enceintes de mon frère dès que celui-ci aurait le dos tourné. Un cadeau à la hauteur du xylophone. Adopté**.
** Oui, j’aime ma famille, pourquoi ?

Mais avant de rentrer le code de ma carte bleue, je me renseignais sur le globe sur lequel j’avais jeté mon dévolu. Et je constatais, fort marrie, qu’il était très mal noté. Pourquoi tant de haine ? Heureusement, l’internaute implacable avait expliqué sa note : « guppy au milieu de la mer ».
Je me suis soudain sentie très seule. Un guppy. Je ne connais donc pas les animaux figurant sur un jouet à destination des 3-5 ans.
Ce n’est probablement pas un poisson, si on reproche au globe de le mettre dans la mer. Rapide recherche avec photo : c’est un oiseau. Recherche un peu moins rapide : non c’est un poisson, c’était une nageoire, pas une aile, sur la photo. Oui bon ça va, j’aurais voulu vous y voir, à cliquer fébrilement sur les photos, pressé de mettre un terme à votre cruelle ignorance. Alors où est le problème, si c’est un poisson ? J’ai dû me taper tout Wikipedia pour que la lumière soit : le guppy est un poisson d’eau douce (Ha ha !).
Mon frère étant un grand pêcheur (de poissons) devant l’éternel***, je me suis résolue, du bout des lèvres afin de cacher au mieux mes carences antérieures en la matière, à l’interroger sur ses connaissances guppiesques, et surtout sur mes possibilités d’offrir à son fils un cadeau comportant d’aussi hérétiques approximations.
*** nos parents nous ont emmenés pêcher une truite en 1995 dans un bassin d’élevage

Il nous a regardés bizarrement, mon guppy et moi. Ouf. En bon parisien, il n’avait aucune idée de ce dont je lui parlais. J’ai acheté le globe.

PS : à ceux qui auraient relevé que je n’ai pas une seule fois employé guppy au pluriel, et soupçonneraient là une ruse pour dissimuler mes lacunes orthographiques : on peut dire guppys (ce qui est le plus correct), guppies (car guppy est un nom anglophone - et vernaculaire, ce qui n'a aucun lien), voire même les guppy (car guppy vient d'un nom propre).

Les liens du jour (pour votre culture !)