...ou comment repartir avec un souvenir inoubliable
Ahhh, les vacances, le sable
chaud, la mer azur, et le renouvellement du passeport. Ben oui on est en
octobre, je vous souhaite bien du courage pour trouver la situation décrite
quelque part en Europe.
Qui dit passeport, dit Photomaton.
Rappelez-vous la joie que c’était il y a 10 ans : vous vous asseyiez sur
un tabouret, par principe à la mauvaise hauteur, dans un endroit venteux (les photomatons
sont toujours dans les courants d’air). Vous tiriez le rideau, mais aperceviez
toujours les innombrables pieds de l’autre côté (les photomatons sont toujours
dans les lieux d’affluence).
Une voix mécanique vous hurlait alors d’INSERER
QUATRE EUROS. Vous ressortiez et alliez acheter des chewing-gums, car
naturellement vous n’aviez que des billets. Vous repreniez ensuite toute l’opération.
La voix mécanique, une fois les pièces insérées, vous informait alors qu’il
fallait TAPER UN POUR DES PHOTOS (Non, non, vous vouliez un Coca, en fait).
Naturellement, au moment du flash, lorsque vous arboriez votre plus beau
sourire crispé, un gamin ouvrait le rideau en criant
« Coucou !!!!!!! » (paix
à l’âme des gamins qui ont fait ça).
Qu’est ce qui a changé me
direz-vous ? Eh bien maintenant, c’est pire.
Désormais, vous devez, outre les points précédents, veiller
à ce que votre visage sur la photo mesure de 32 à 36 mm, du bas du menton au
sommet du crâne (hors chevelure !!!). Cela se traduit par la nécessité de
rentrer votre visage dans l’ovale dessiné à l’écran, tout en veillant à ce que
vos yeux figurent aux deux tiers de l’image. Quand vous avez réussi cet
exploit, au prix d’un menton fortement en avant, vous vous apercevez avec
horreur que vous êtes maquillée : l’eye-liner est-il autorisé ? Dans
le doute, vous vous frottez rapidement la figure, puis fouillez votre sac à la
recherche d’un mouchoir pour effacer les grandes traces noires que vous avez
désormais sur les pommettes. Vous prenez ensuite bien garde à ce que vos
oreilles, que vous vous échinez à cacher depuis votre naissance, figurent au
premier plan de la photo. Vous souriez au premier essai. Grave erreur, c’est juridiquement
interdit. Vous faites la gueule au deuxième essai, et vous n’osez pas utiliser
le troisième essai, qui, comme vous le rappelle la voix, EST LE DERNIER.
Vous sortez, la voix vous informe
que votre bien PEUT ETRE RECUPERE (pas la peine de hurler comme ça et d’attirer
l’attention de tout le monde – oui oui, rappelez-vous, les photomatons sont
implantés dans des endroits peuplés). Vous saisissez rapidement les photos,
qui, de loin, s’annoncent horribles, et de près… aussi : vous êtes blême quelle
que soit votre couleur de peau, vous avez des cernes qui tirent dangereusement
sur le noir ébène même si vous sortez d’une sieste, et si vous aviez un bouton
sur le front, soyez assurée qu’il ressemble à un furoncle.
S’ensuivra la longue queue à la
mairie. Vous écouterez avec angoisse les malheureux se défendre âprement face
aux refus de leurs clichés : « Mais c’est la 3ème fois que
je fais des photos pour ce passeport ! » « Mais non, je ne
souris pas, je vous assure ! », « Mais non ce n’est pas un
reflet sur mes lunettes, enfin ! », « Mais j’ai été chez un
photographe professionnel, comment pouvez-vous me reprocher que le fond soit
gris foncé et pas gris clair ? ».
Il vous faudra beaucoup de
courage. Mais le pire au final, restera le rire du douanier lorsqu’il ouvrira
votre passeport.
Les liens super utiles du jour :
Mais il paraît que je suis
mauvaise langue, et que les photomatons sont désormais un havre
